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Le Parvis Espace Culturel soutient les «Accros-livres»

                   Sélection 2014/2015


                               Sélection du lycée Louis Barthou


Raphaël Jerusalmy, La confrérie des chasseurs de livres, Ed. Actes Sud

Jeanne Benameur, Profanes, Ed. Actes Sud

Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Ed. Albin Michel

Sorj Chalandon, Le quatrième mur, Ed. Grasset

Grégoire Delacourt, La première chose qu’on regarde, Ed. JCLattès

Véronique Olmi, La nuit en vérité, Ed. Albin Michel

Hélène Frappat, Lady Hunt, Ed. Actes Sud

Milena Michiko Flasar, La cravate, Ed de L’Olivier

Eric Pessan, Muette, Ed Albin Michel

Hélène Gestern, La part du feu, Ed. arléa


C’est Pierre Lemaître, déjà lauréat du Prix Goncourt 2013, qui remporte le suffrage pour Au revoir là-haut.


Il obtient 10 voix sur 30 au total, contre 5 pour La cravate, 4 pour Le quatrième mur, 4 pour La Confrérie des chasseurs de livres, 2 pour Lady Hunt, 2 pour La part du feu et 1 pour Profanes, La première chose qu’on regarde et La nuit en vérité.


Cette épopée populaire picaresque et tragique retrace le parcours atypique de deux compères rescapés de la Grande Guerre de 14-18 qui, pour survivre dans ce monde «  saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis des survivants » vont parvenir à inventer une arnaque aux monuments spectaculaire.

Aussi originale qu’efficace, cette terrible fresque ne vous laissera aucun répit de la première à la cinq centième page et vous entraînera dans l’histoire émouvante de cette monumentale escroquerie menée tambour battant par une gueule cassée et un soldat « inconnu », liés par une amitié « à la vie à la mort »…

Au revoir là-haut fait partie de ces oeuvres marquantes qui vous absorbent, vous happent, vous transportent et ne vous lâchent plus … et dont on se souvient bien longtemps après …


Un grand merci à tous les élèves pour leur motivation, leur implication et leur capacité d’analyse toujours aussi impressionnantes, aux enseignants qui nous communiquent leur passion, à nos partenaires culturels – la librairie du Parvis/Espace Culturel et la Médiathèque André Labarrère - pour leur soutien et leur fidélité indéfectibles.


Sandrine Riou, documentaliste au lycée Louis Barthou



Extraits :


« Il voudrait remonter là-haut qu’il ne le pourrait pas. Il était à deux doigts d’en fini avec cette guerre et le voilà au fond du trou.  Il s’effondre plus qu’il ne s’assoit et se prend la tête dans les mains.

Justement, Cécile, sa dernière lettre remonte à quand ?

Il ne saurait pas dire pourquoi, quelque chose en lui a soudainement lâché. Il le sent dans son ventre. Ca ressemble à une immense fatigue et c’est lourd comme de la pierre. (…)

La détonation est incommensurable. Prise d’une convulsion foudroyante, la terre s’ébranle et pousse un grondement massif et lugubre avant de se soulever. Un volcan. Déséquilibré par la secousse, surpris aussi, Albert regarde en l’air parce que tout s’est obscurci d’un seul coup. Et là, à la place du ciel, une dizaine de mètres au-dessus de lui, il voit se dérouler, presque au ralenti, une immense vague de terre brune dont la crête mouvante et sinueuse ploie lentement dans sa direction et s’apprête à descendre sur lui pour l’enlacer. Une pluie claire, presque paresseuse, de cailloux, de mottes de terre, de débris de toutes sortes annonce son arrivée imminente.

Dans un instant cette nappe va s’écraser sur lui et le recouvrir.

Mais à cet instant, comme il a le regard tourné vers le ciel et qu’il voit la mort approcher, il ressemble plutôt à un saint Sébastien. Ses traits se sont brusquement tirés, tout son visage est plissé par la douleur, par la peur, dans une supplique d’autant plus inutile que de son vivant Albert n’a jamais cru à rien et ça n’est pas avec la poisse qui lui arrive qu’il va se mettre à croire en quelque chose. (…)

Et lorsqu’il mesure l’étendue de la catastrophe, le genre de mort qui l’attend, quand il comprend qu’il va mourir étouffé, asphyxié, Albert devient fou, instantanément, totalement fou. Dans sa tête, tout se brouille, il hurle, et dans ce cri inutile, il gaspille le peu d’oxygène qui lui reste. Je suis enterré, se répète-t-il en boucle, et son esprit s’engouffre dans cette effroyable évidence au point qu’il n’a même pas encore pensé à ouvrir les yeux. Tout ce qu’il fait, c’est tenter de remuer en tous sens. Tout ce qu’il lui reste de force, tout ce qui monte en lui de panique, se transforme en effort musculaire. Il dépense, à se débattre, une énergie incroyable. Tout ça en vain. (…)

Albert gesticule en tous sens. Ses poumons se remplissent de moins en moins, ça siffle quand il force. Il se met à tousser, il serre le ventre. Plus d'air. (…)Il agrippe la tête de cheval, parvient à saisir les grasses babines dont la chair se dérobe sous ses doigts, il attrape les grandes dents jaunes et, dans un effort surhumain, écarte la bouche qui exhale un souffle putride qu’Albert respire à pleins poumons. Il gagne ainsi quelques secondes de survie, son estomac se révulse, il vomit, son corps tout entier est de nouveau secoué de tremblements, mais tente de se retourner sur lui-même à la recherche d’une once d’oxygène, c’est sans espoir. (…)

Alors au revoir, au revoir là-haut, ma Cécile, dans longtemps.

Albert Maillard, soldat, vient de mourir. »

 





















                               


                                  Sélection du lycée Saint-Cricq


Laurent Seksik, Le cas Edward Einstein, Ed. Flammarion

Jean Echenoz, 14, Ed de Minuit

Lyonel Trouillot, Parabole du failli, Ed. Actes Sud

Iégor Gran, L’Ambition, Ed. P.O.L

Laura Kasischke, Esprit d’hiver, Ed. Christian Bourgeois

Chantal Thomas, L’échange des princesses, Ed du Seuil


C’est Laurent Seksik qui remporte le suffrage pour Le cas Edward Einstein.



Prêtant sa voix à Eduard, le fils d'Albert Einstein interné dès l'âge de 19 ans en clinique psychiatrique, L. Seksik dévoile un drame familial et la part d'ombre d'un savant au coeur des troubles internationaux des années 1930.



Extrait :


«Les gens qui me connaissent vous diront que je suis fou. N'en croyez rien. le propre des fous est d'ignorer qui ils sont. Je suis le fils d'Einstein. J'imagine le doute dans votre esprit. Le fils d'Einstein ? C'est inscrit sur mon passeport. Eine Sein, en un mot. Eduard de son prénom, né le 23 juillet 1910. Menez votre enquête. Je suis de notoriété publique.

Ma mère prétend que je suis le portrait craché de mon père. Elle évoque une lueur d'intelligence dans le regard. Si je possédais un brin de malice, cela se saurait. Ou ai-je perdu cette qualité en grandissant ?»

Depuis 2008, le Parvis/Espace Culturel soutient le comité de lecture «Les Accros-livres» des lycées Palois Louis Barthou et St Cricq. A l’origine de ce projet des enseignants, bibliothécaires et documentalistes des deux établissements souhaitant partager avec les lycéens leur passion des livres dans un autre contexte que celui des cours. L’idée est belle et les lycéens ne s’y trompent pas, chaque année ils sont de plus en plus nombreux, garçons et filles, à rejoindre le comité. La librairie du Parvis s’engage à leurs côtés en participant à la sélection et en offrant des livres de la rentrée littéraire.


Septembre débute par le même rituel. La sélection des douze ouvrages choisis dans la longue liste de la rentrée littéraire des maisons d’éditions.  Une fois par mois, tout au long de l'année scolaire, les élèves se retrouvent pour échanger leurs avis de lecture. Au mois de juin  aura lieu le vote tant attendu et chaque établissement présentera son auteur préféré.


Le Parvis/Espace Culturel remercie chaleureusement les maisons d'édition qui s’associent et soutiennent les Accros-livres.